les solutions simples

Supprimer la dette !

Oui, après tout pourquoi pas ? Je saisi bien la logique à l'œuvre : tant pis pour les spéculateurs (ou les investisseurs selon le sens de la courbe) le peuple n'a pas à payer pour les erreurs qu'il n'a pas commises.
C'est, en gros, la réponse de la gauche de la gauche (Attac, Besancenot, Mélenchon) aux affaires Grecques et suivantes.
Bernard Maris, ce matin, donnait quelques détails pratique sur ce que serait cette option (je résume à gros traits, la réécoute n'étant pas encore disponible sur le site de France Inter) :

- Prendre le modèle de la mise en faillite
- Choisir les emprunteurs à rembourser prioritairement
- Repartir à zéro

Très bien tout ça.
Quelques questions tout de même.
Le boursicoteur est bien utile avec sa bonne tête de coupable mais le problème de la Grèce (et d'autres) tient davantage d'une gestion hasardeuse (et de vrai court-termisme, mais étatique pour le coup) que de manigances boursières.
Donc, si on refuse toute idée de rigueur budgétaire, l'accumulation des dettes souveraines étant la robuste démonstration de l'incapacité des états à vivre sur leur fond propres, il faudra bien trouver de l'argent pour, par exemple, les treizièmes et quatorzièmes mois héllènes.
Taxer les riches et les entreprises me direz-vous. J'ai peur que les montants en jeu n'obligent à des véritables confiscations qui, si on peut très bien les juger morales, risquent fort d'avoir des impacts conséquents (et dommageables) pour la prospérité du pays.
Entendons-nous bien, je n'ai rien contre une augmentations des impôts, même drastique, pour les ménages les plus aisés.
(Mais certains auront des surprises ; si tout le monde est d'accord pour faire payer les autres, il ne faut pas oublier qu'avec 2634 € mensuels pour une personne seule, 4469€ pour un couple et 6080€ avec deux enfants, on appartient, en France, au groupe des 10% les plus riches).
Mais il y a tout de même fort à parier, les poches des nantis n'ayant pas non plus une profondeur infinie, que ce montant ne suffisent pas.
Il faudrait donc bien recourir à des emprunts.
Et pensez-vous qu'en ayant démontré une incapacité à s'acquitter de ses dettes, il soit possible à un État de se fournir en monnaies avec facilité et des conditions acceptables ?

Je veux bien que le plan d'urgence européen soit discutable. Que les plans de rigueur imposés n'aillent pas injustices. Il n'empêche que ce genre de solution alternative, fière dans ses principes inattaquables et belle dans sa simplicité de bon sens, n'est pas le remède miracle qu'elle prétend être.
Les affaires humaines, mêmes grecques, sont bien souvent des choses trop complexes pour que les méthodes alexandrines puissent y être appliquées sans gros dégâts.